Description du bassin versant
1/ Généralités
Peipsi est le nom estonien (l'étymologie en langue finnoise est incertaine), tandis que son nom russe est Chudskoe (ce qui signifie le lac chez les « Chudes », c'est-à-dire les « gens étranges » en slave, nom donné au milieu du premier millénaire lorsque les slaves ont rencontré les tribus finnoises). Le lac Peipsi est le plus grand lac transfrontalier en Europe et est au quatrième rang en terme de superficie. Il est situé sur la frontière entre l'Estonie et la Russie, au sud du golfe de Finlande.
2/ Bassin versant du lac Peipsi (photo : Peipsi) CTC
La superficie du bassin versant du lac Peipsi est de 47 800km², soit environ un dixième de la France. Il peut être schématisé par un rectangle de largeur 160km et de longueur 370km. Le bassin versant est réparti entre la Russie (60%), l'Estonie (34%) et la Lettonie (6%) Le terrain est relativement plat. Le principal sommet culmine à 338m, quelques zones sont situées aux alentours de 100m et l'altitude atteint 30m aux abords du lac. Le bassin versant est occupé par les forêts (40%), les zones agricoles (42%) les marais et autres zones humides (6%), le lac (6%), et enfin les routes et les villes (6%). Le bassin versant du lac Peipsi contient, outre le lac Peipsi, 4500 lacs de moins d'1km², et le lac Vortsjärv de 270km².
Les différentes activités agricoles sont l'élevage, la culture de céréales, de concombres ou encore de tomates. Mais certains propriétaires n'ayant pas un revenu suffisant de leur terre vendent le bois des forêts qu'ils possèdent. Le climat est suffisamment humide et le réseau d'irrigation est très peu développé. Les problèmes proviennent plutôt des fortes précipitations, au printemps et en été, qui rendent les sols trop humides lorsque le réseau de drainage est insuffisant.Le lac Peipsi est alimenté par environ 240 cours d'eau, dont les plus importants sont les rivières Velikaya (Russie, bassin versant de 25200km²), Emajogi (Estonie, 9745km²), Vohandu (Estonie, 1423km²) et Zhelcha (Russie, 1220km²). Ces quatre cours d'eau représentent plus de 80% des apports dans le lac et ce sont ainsi eux qui contrôlent le niveau du lac.
La rivière Narva, qui commence à l'extrémité nord-est du lac et le relie au Golfe de Finlande, constitue la frontière russo-estonienne à l'aval du lac. Son débit moyen est d'environ 330m3/s, ce qui représente un volume annuel de 12,5 km3, soit plus de la moitié du volume du lac. Le temps de séjour du lac est ainsi légèrement inférieur à deux ans.
3/ Climat du bassin versant
Le climat autour du lac Peipsi est continental, mais tempéré par la proximité de la mer baltique. Les données présentées ici proviennent de la station météo de Tiirikoja, au nord ouest du lac, et concernent la période 1923-1998. La température moyenne annuelle mesurée est de 4,6°C. La moyenne pour l'Estonie est d'environ - 6°C en janvier et de17°C en juillet. Le record de température est de -39°C au bord du lac. La hauteur annuelle de précipitation est de 575mm. Pour vous donner quelques points de repères, elle est de 650mm à Toulouse et Paris, 800mm à Montpellier. Les mois les plus pluvieux sont Juillet et Août, les plus secs Février et Mars. Au bord de la rivière Narva au nord du lac, la moyenne des précipitations s'établit aux environs de 750mm. Les vents dominants proviennent de l'ouest et du sud-ouest ; leur moyenne se situe autour de 15km/h, sans grandes fluctuations au cours de l'année.
4/ La population du bassin versant (photo : Peipsi CTC)
La bassin versant compte au total 1 million d'habitant, avec une densité de 24hab/km² dans certaines zones contre 11hab/km² notamment sur la cote est.Les trois principales villes du bassin versant sont Pskov en Russie, avec 204 000 habitants (l'agglomération en compte 427 000), Tartu en Estonie (là où nous avons établi notre « campement ») avec 98 000 habitants et Ostrov, en Russie, avec 72 000 habitants. Le reste de la population vit dans de petites villes. Environ 27 000 personnes vivent sur la rive estonienne du lac. Les villages de pêcheurs en bordure du lac sont apparus aux XV° et XVI°s.
Du côté russe, on trouve essentiellement... des russes (de source sûre). Du coté estonien, de nombreux russes vivent en bordure ouest du lac. Ce sont souvent les descendants de russes ayant migré au XVIII°s. suite à la réforme de l'église orthodoxe. La cohabitation entre russes et estoniens est parfois difficile. Lorsque l'Estonie était sous la domination russe, avant septembre 1991, les russes étaient désignés par la propagande comme des héros, apportant le développement et l'industrie russe en Estonie. Aujourd'hui, ce sont des étrangers dans un pays bien content d'avoir retrouvé son indépendance. De plus, les russes vivant en Estonie ont souvent accès à la télévision et aux informations russes, où les estoniens ne sont pas bien considérés.
Au sud est du lac vivent les membres de la communauté Setu, qui ont leur propre langue et leurs coutumes très présentes même s'ils ne sont plus qu'un peu plus d'un millier. A l'indépendance et par le suite lorsque la position de la frontière a été définie, la communauté Setu s'est trouvée séparée, une partie se retrouvant en Estonie l'autre en Russie. Même si des facilités leur sont accordées pour les visas, il leur est difficile de se réunir.
Les deux principaux problèmes sociaux sont le départ des jeunes pour des villes plus grandes, telles que Saint Petersbourg pour les russes et Tallin, la capitale estonienne et le faible revenu moyen des habitants. En Estonie, le salaire dans la région du lac est d'environ 4700 couronnes estoniennes, soit environ 300euros. Le taux de chômage fluctuent beaucoup selon la région concerné (9,5% à Tartu, plus de 20% dans d'autres zones). Au nord du lac, du coté estonien, l'indépendance a été synonyme de fermeture du marché russe ce qui a entraîné la fermeture de nombreuses usines.