Un peu d'Histoire
1. Histoire des projets de canaux Atlantique-Pacifique
L'Histoire du Canal de Panama remonte au XVIe siècle, exactement en 1524. Charles Quint, alors roi d'Espagne, se rend compte des richesses que recèlent l'Equateur et le Pérou, et de l'intérêt qu'il y aurait à ouvrir une voie de l'Atlantique vers le Pacifique qui éviterait d'avoir à franchir le périlleux détroit de Magellan. Sans le canal, les bateaux doivent décharger leur marchandise sur la côte Atlantique, celle-ci étant transportée par voie terrestre et rechargée sur la côte Pacifique
Charles Quint lance donc des missions d'exploration, et un premier plan du Canal est dressé. Cependant, le projet n'ira guère plus loin. Les problèmes internes en Europe, et notamment les guerres autour de la Méditerranée font oublier l'idée du Canal.
Il faudra attendre le XIXe siècle pour que le projet ressurgisse. En 1819, l'Espagne autorise la création d'une société dont le but est la réalisation du Canal. De plus, l'or découvert en 1848 aux Etats-Unis rend le projet très intéressant pour ce pays. Il permettrait le transport de l'or vers la côte ouest ou l'Europe en réduisant le parcours de 15 000 kilomètres. Deux projets sont alors proposés : le premier traverse le Nicaragua, le second, le Panama.

En 1880, une première compagnie échoue dans la réalisation du canal et Ferdinand de Lesseps, confiant puisqu'il a réalisé le Canal de Suez dix ans plus tôt, monte une société française. Il est alors convaincu que la solution est, comme à Suez, un canal au niveau de l'océan, sans écluse. Les travaux durent de 1881 à 1888. Cependant,les maladies tropicales, notamment le paludisme et la fièvre jaune, le manque de financement, la topographie... posent de gros problèmes et la compagnie française s'avère incapable de réaliser le Canal.
Le projet est alors repris par les Américains, qui modifie les plans des français et prévoit un canal avec écluses. Celles-ci permettent d'élever les bateaux jusqu'à un lac situé à environ 30 m au-dessus du niveau des océans. Ils redescendent ensuite via d'autres écluses. Celles-ci permettent d'économiser de très gros volumes d'excavations, et d'éviter le problème rencontré par les français face à ces travaux.
Ainsi, le 18 novembre 1903, à travers le traité Buneau-Varilla, le Panama concéda à perpétuité aux Etats-Unis l'" usage, l'occupation et le contrôle d'une zone de terrains (...) pour la construction, l'entretien, l'exploitation, l'assainissement et la protection du dit canal ". Cet intérêt des américains pour la canal permet au Panama de réclamer son indépendance (il était jusqu'alors province colombienne), soutenu par les Etats-Unis à qui la Colombie ne veut pas céder le Canal. L'indépendance se fait donc quasiment sans heurts et sans victimes.
2. La gestion américaine
La construction du Canal par les Américains s'étend de 1904 au 15 Août 1914, date de son inauguration, (deux semaines après le début de la première guerre mondiale). Du fait du traité de 1903, la " canal zone ", une bande de 16 kilomètres est entièrement contrôlée par les Etats-Unis.

Les relations entre panaméens et américains sont très vite tendues. Les retombées économiques profitent majoritairement aux seconds. Le Panama essaie donc de faire pression sur les Etats-Unis pour obtenir une meilleure répartition. Ainsi, En 1936, 1941 et 1955, sont consenties des modifications au traité pour redistribuer plus équitablement les retombées économiques du canal de Panama.
La " Canal Zone " est utilisée par les américains notamment pour l'entraînement des forces militaire. On y trouve 10 000 soldats. Ces bases jouent également un rôle important dans les interventions américaines en Amérique centrale et du Sud, notamment pour les missions d'intervention et de soutien dont l'objectif est de maintenir les régimes amis en place (qui sont dans bien des cas des dictatures) dans les années 80.
3. La restitution au Panama
A partir de 1968, le Panama milite pour mettre fin au traité, récupérer la zone occupée par les Etats-Unis, et prendre en charge la gestion du canal. Le général Torrijos se fait le représentant de ce mouvement. Arès de longues négociations, en 1977, le président américain Carter accepte de signer un traité qui prévoit le retrait des forces américaines et la restitution du Canal au Panama pour le 31 décembre 1999.

Cependant, au Panama aussi se sont élevées de nombreuses voix contre le départ américain. En effet, la présence de 10 000 soldats apportait des revenus importants à la population. L'armée américaine employait des panaméens comme cuisiniers ou femme de ménage à un bon salaire. De plus, la consommation des militaires assurait le revenu de nombreux commerçants. Enfin, la prise en charge de la gestion du Canal, qui est une tâche à lourde responsabilité, a pu faire un peu peur aux panaméens.
Mais le retrait à finalement eu lieu. Les années qui ont suivies ont vu l'économie panaméenne marcher au ralenti mais il semblerait qu'elle soit bien repartie depuis. Quant à la gestion du Canal, elle est assurée correctement, même si elle se mêle parfois à des intérêts politiques, ce qui peut provoquer quelques craintes (par exemple, sur les 11 personnes choisies par le président en 2000 pour diriger l'organisation de gestion du canal, 4 font partie de sa famille ou de celle de sa femme).
Depuis la restitution, les infrastructures portuaires se sont privatisées et appartiennent aujourd'hui à des compagnies hongkongaises ou américaines. Les investissements étrangers permettent une amélioration des infrastructures ainsi que des moyens de liaisons entre les deux extrémités du Canal.
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