Panama canal etude environnement



Panama canal etude environnement

Problèmes environnementaux


1. Problématiques environnementales liées à l'élargissement


Usages domestiques de l'eau et fonctionnement du Canal sont en compétition. En effet, le lac Artificiel Gatun permet de délivrer l'eau nécessaire au fonctionnement des écluses, mais il alimente également en eau les villes de Colon et de Panam.
Concernant la qualité de l'eau, il semble que les mesures de surveillance des navires pour éviter des rejets polluants dans le lac fonctionnent. Un danger existe en cas de pollution accidentelle ou criminelle mais tout semble bien se passer jusqu'à présent.
En revanche, devant l'augmentation du trafic, de la consommation d'eau liée aux usages domestiques et les problèmes liés aux déboisements (voir ci-dessous), le lac Gatun risque de ne pas être un réservoir suffisant pour assumer ses deux fonctions.
Le projet d'élargissement semble donc se heurter à ce problème. Alors que les réserves en eau sont aujourd'hui tout juste suffisantes, on a du mal à imaginer qu'elles le seront pour couvrir l'augmentation de la demande en eau nécessaire au fonctionnement des écluses agrandies.
Ainsi, avant tout projet d'élargissement, la gestion du bassin versant doit s'améliorer et des solutions doivent être trouvées pour les risques de pénuries d'eau.

2. Déboisement et envasement


Lors de sa construction, le bassin versant du Canal de Panama était couvert de forêt. En 1952, 80% de sa superficie était boisé. Aujourd'hui, une large partie a disparu et continue à disparaître. Les techniques d'agriculture locales (les terrains sont brûlés avant d'être exploités) sont les principales responsables.
Ce déboisement pause deux problèmes d'envergure pour le fonctionnement du Canal de Panama.

Au bord du lac Gatun, près de Gamboa, certains versant restent très boisés
Tout d'abord, la végétation n'est plus là pour " solidifier " les sols, pour les retenir. A chaque pluie, la quantité de sédiments emportés vers le lac Gatun et vers le Canal est ainsi un peu plus importante. Ils se déposent ainsi au fond du lac et réduisent sa capacité. Au niveau du Canal, il faut perpétuellement draguer le fond pour extraire ses sédiments qui réduisent la profondeur.
De plus, le déboisement réduit la capacité d'absorption des sols. Lorsque le bassin versant était boisé, lors des pluies, une large partie des précipitations s'infiltraient. Le sol constituait alors un important réservoir qui restituait progressivement au lac cette quantité d'eau. Aujourd'hui ; l'eau ruisselle sur les terrains nus et rejoint directement le lac. Ces grandes quantités d'eau qui arrivent rapidement ne peuvent être retenues par le barrage Gatun. Elles rejoignent donc directement l'océan et sont perdues pour le réservoir.
Ainsi, la gestion des sols sur tout le bassin versant devient une obligation pour le gouvernement panaméen, qui doit cependant trouver une alternative et des terres pour les agriculteurs locaux.

3. Et si le Canal de Panama était plat...


Le projet initial des Français prévoyait un Canal plat, sans écluse, comme celui de Suez. Techniquement, ceci permet de gagner du temps pour le passage des bateaux qui n'ont plus les écluses à traverser, et le Canal n'est plus dépendant des réserves en eau du bassin versant.
Cependant, cette méthode nécessite des excavations titanesques, et la quantité de terre et de roche à creuser est telle que le projet en devient quasi irréalisable.
Du point de vue écologique, un Canal au niveau des océans poserait également problème ; en effet, il y aurait des risques des risques de passage d'espèces aquatiques d'un océan à l'autre. Or les écosystèmes de la mer des Caraïbes et de la côte Pacifique sont très différents, et les risques de déséquilibre, d'invasion de certaines espèces au détriment d'autres, seraient importants.
Aller à : 1. Un peu d'histoire

2. Caractéristiques et fonctionnement du Canal