L'eau potable en Crimée



L'eau potable en Crimée

L'eau potable en Crimée



La Crimée compte 1657 rivières dont la plus longue fait 204 km. Ces rivières ne pourvoient qu'à 10% de l'eau potable nécessaire. Il existe donc sur la péninsule criméenne un système d'irrigation très ancien. Les premiers canaux ont été construits durant l'Empire Tatar au XIIIème et XIVème siècle de notre ère. Au XXème siècle, les villes ne cessant de croître, cette ressource est vite devenue insuffisante pour la population locale et l'agriculture, principale ressource de cette région. En effet, en 2000, l'agriculture utilisait près de 75% de l'eau disponible et l'usage domestique n'était que de 20% (les industries y sont peu nombreuses et leur nombre diminue avec la fin de l'union soviétique). Les soviétiques ont donc poursuivi la construction de ces canaux pendant les années 1930. C'est dans les années 1960 que l'URSS a construit le canal le plus long d'Europe qui relie le Dniepr, fleuve dont l'embouchure est en Ukraine, et la péninsule criméenne. Le canal qui relie le Dniepr à la ville de Kerch, à l'extrême Est de la Crimée, fait près de 400 km de long. Aujourd'hui ce canal fourni près de 1,5 milliards de mètre cubes d'eau par an à la Crimée ce qui représente la majorité de l'eau utilisée en Crimée.
La Crimée peut être séparée en deux grandes parties bien distinctes : les steppes au Nord et les montagnes au Sud, les montagnes étant le seul endroit où il y a des sources.
Dans le Sud, les eaux ne provenant pas du canal ont été beaucoup utilisées par l'agriculture et les industries locales qui les ont polluées en les enrichissant de nitrates. Et, avec la proximité de la mer Noire, cette eau est souvent salée. De plus, l'eau du canal est chargée de chloro-organiques. En effet, l'eau du canal provient du Dniepr, un grand fleuve européen. Prenant sa source en Russie, le Dniepr traverse la Biélorussie pour terminer son cours en Ukraine où il se jette dans la Mer Noire. L'eau du Dniepr est très polluée par les industries lourdes et agro-alimentaires peu performantes des pays en amont. Ces pollutions ont donc des conséquences directes sur les eaux du Canal de Crimée. La Crimée, qui stocke l'eau du canal dans des grands réservoirs, possède pourtant la technologie nécessaire pour traiter cette eau. C'est le cas à Simféropol où l'eau est relativement bien traitée. Mais, dans d'autres villes comme Kerch ou Féodosia, les technologies utilisées sont trop anciennes et l'eau n'est pas suffisamment dépolluée : les vieux filtres utilisés sont rarement changés et l'eau n'est ni ammoniaquée ni ozonée (ce qui aurait pour effet de faire baisser la teneur en chloro-organiques).
Dans le Nord, les steppes s'alimentent en eau grâce aux eaux souterraines. Le plus gros problème est le manque d'Iode et de Fluor. Les populations consommant l'eau manquant d iode sont sujet à l'hypothyroïdie qui fragisile la santé. Chez l'enfant, le manque d'iode ralentit le développement cérébral. Le fluor quant à lui, entre dans la composition des os et de l'émail des dents ; il intervient aux côtés du calcium, sur la solidité et la croissance osseuse.

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