Turfan et les Karez



Turfan et les Karez

2. Turfan et les Karez



Ce système d'irrigation, vieux de plus de 2000 ans, ne se trouve qu'en Asie Centrale : au Xingjiang mais aussi en Afghanistan et en Iran. Les Perses seraient à l'origine de cette technique mais rien en permet de l'affirmer aujourd'hui. Autour de Turfan, on trouve près de 5000 km de canalisations, toutes réalisées manuellement avec des outils rudimentaires.

2.1. Turfan

A l'Est d'Urumqi, en plein milieu du Xinjiang, le massif montagneux des Tian Shan se sépare en deux. C'est là que s'étend la dépression de Turfan (prononcer " touloufane "). Ici se trouve le point le plus bas de Chine et le deuxième du monde : le lac Aydingkol (dont il ne reste qu'une croûte de sel) se situe à 155m au dessous du niveau de la mer ! Non loin de là, la ville de Turfan est une oasis célèbre pour ses vignes.

A une altitude moyenne de 100m au dessous du niveau de la mer, Turfan est très faiblement arrosée : seulement 16mm par an. De plus, c'est le point le plus chaud de Chine, avec un record établi à 49,6 °C. Il est alors facile de comprendre que l'évaporation diminue grandement les réserves d'eau. Située a 40 km de l'ancienne capitale Ouïghoure, Gaochang, la ville est peuplée à plus de 60% par cette minorité. La cité de Gaochang, comme sa consoeur Jiaohe (de l'autre côté de Turfan) a été saccagée par les Mongols au XIII ème siècle. Il ne reste que des ruines de ces deux cités si puissantes.

En arrivant dans la région, les Ouïghours ont entretenu et développer le système des Karez qui existe aujourd'hui. Ils sont la principale source d'eau de la ville qui n'existerait probablement pas sans eux.









2.2. Les Karez

Comme nombre d'endroits souffrant de la sécheresse, le Xingjiang possède d'immense nappes phréatiques très profondes, notamment dans les montagnes proches. Mais leur accès est limité par leur profondeur et le caractère rudimentaire des outils de forage : ces constructions sont très anciennes et antérieures aux techniques modernes d'extraction. L'idée est donc de localiser ces nappes et, plutôt que de faire remonter l'eau à la surface, creuser un tunnel souterrain jusqu'aux terres à irriguer, en profitant du fait que les terres se situent en dessous du niveau des nappes.



De là sont nés les Karez, galeries creusées à la main, sur des distances atteignant jusqu'à 10 km. Alimentés apr l'eau de la fonte des neiges qui fait monter les niveau des nappes, les Karez et leurs tracés souterrains cumulent les avantages : aucun besoin de pompe puisque l'eau descend sous l'effet de la pesanteur et les pertes dues à l'évaporation sont minimes.

Les Karez ont été construits par les Karez-Kan (foreurs de puits). Leur travail était difficile et dangeureux. Ils travaillaient en milieu humide, les petites galeries qu'ils ont creusé ne font pas plus d'1m50 en hauteur et 80cm de largeur. De plus, elles menacent de s'éffondrer à chaque instant. Ils jouissaient ainsi d'un grand respect et de hauts salaires. Aujourd'hui, aucun Karez supplémentaire n'est construit. En revanche, chaque Karez nécessite un entretient méticuleux. Le coût et l'entretient d'un Karez est traditionnelement réparti entre les habitants du village qui en profitent selon la surface de champs qu'il possède.

Pour faciliter l'entretien des Karez, lesOuïghours ont construit des puits, disposés tous les 20m environ. Depuis ces puits, les Karez-Kan peuvent descendre et éventuellement désengorger un canal bouché. Les puits permettent aussi de remonter la terre que l'on a à évacuer lors des travaux. Ces travaux ont lieu une fois par an pour chaque Karez.

Aujourd'hui les Karez servent toujours à la population locale qui, outre l'utilisation pour l'irrigation des raisins, fourni de l'eau potable de très bonne qualité. En effet, l'industrialisation est assez faible dans la région et elle se trouve rarement à proximité des nappes phréatiques. La ville de Turfan sert de cette eau pour la distribuer à toute la population locale qui, pour la plupart, dispose de l'eau courante : assez suprenant dans une région aussi désertique !



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